Les V2 se replient sur Jongieux


Je continue la lecture des récits de voyage de cet officier de marine-écrivain. Cette fois-ci , il accompagne une ambassade à Fez dans les années 1890, dans un Maroc encore très « médiéval ». La description du voyage entre Tanger et Fez , puis le séjour dans la vieille ville de Fez est un modèle du genre. Il y a quelques longueurs , mais tout comme Loti a quitté sa délégation pour habiter dans la ville arabe et sur les toits, l’immersion du lecteur dans le coeur de Fez est totale. »Là-haut sur ma maison,c’est le même enchantement chaque soir: la ville tout en or jaune et rose,les plus proches terrasses séparées de moi par une insaisissable vapeur bleuâtre , et les terrasses lointaines ,les milliers de carrés de pierre, en teintes irisées qui se dégradent , dévalant sur les collines jusqu’à la ceinture des remparts et des jardins verts. »Seul le matin,de bonne heure, vêtu en arabe, et à pied,je m’en vais au bazar , acheter de l’eau de rose et du bois odorant des indes, afin de parfumer la maison, comme il est d’usage » . » Là en général,quand je parais ,les petits murs alentours se garnissent de têtes de femmes, toujours oisives et curieuses d’examiner le voisin d’une espèce rare que je suis pour elles. Les airs de la sauvagerie des premiers jours,ont disparu très vite:ce qui serait une énormité d’imprudence coupable pour un musulman,semble sans danger avec moi , qui ne le dirais à personne et qui d’ailleurs vais repartir bientôt , si loin, si loin pour mon pays fantastique. »
