C’était ça ou mourir -Thélyson Orélien
Jornas Dorléon quitte sa maison en feu de Carrefour-Feuilles, en Haïti , sous les coups de boutoirs des bandits. Il part avec rien, un sac plastique contenant son diplôme de professeur, un livre de poèmes,un slip propre et une photo de sa mère.A peine parti, il survit à l’attaque du bus par des bandits puis rejoint la République Dominicaine.Il commence sa vie de migrant qui va le conduire en Amérique Latine pour remonter vers la frontière américaine. Les pages où est décrite la traversée du Darien à pied , une zone de forêt et de marécage sont particulièrement hallucinantes? Thélyson écrit comme un poète avec des métaphores puissantes dont j’ai choisi celles qui m’ont frappées.
« Je comprenais enfin que le pays était mort. Que Haïti n’était plus un pays, mais un prétexte. Un panneau. Une illusion sur un billet de banque déchiré. Les gangs se battaient pour le territoire. Mais le territoire n’appartenait plus à personne. Pas à l’État, pas à nous. Même Dieu avait déménagé sans laisser d’adresse. »
« Parce que c’est ça le vrai voyage d’un migrant : ce n’est pas le trajet, c’est le retranchement, la dépossession, la lente érosion de soi. Chaque étape t’enlève quelque chose. »
« Il suffisait d’un geste, d’une fuite, d’une larme, et tout le monde verrait que je n’étais plus un homme, juste un récipient fissuré. »