De passage à la bibliothèque, j’ai repéré un livre avec en couverture une photo d’une petite ile, de mon enfance en Bretagne. Il fallait que je le lise .L’action se situe entre Carantec, Roscoff et l’Ile de Batz.Les Brisants de Vanessa Bamberger suit Marion, restauratrice de tableaux, dont la vie est marquée par la disparition non résolue de son frère Léo lors d’une colonie de vacances sur l’île de Batz vingt ans plus tôt. Entre une relation complexe avec sa mère Édith, rongée par le chagrin et la culpabilité, et un passé familial opaque, Marion décide de retourner sur l’île bretonne pour percer le mystère entourant la mort de Léo. Sur place, elle rencontre Paul, un biologiste marin spécialiste des algues, avec qui elle entame une relation amoureuse tout en confrontant les non-dits familiaux et les secrets des habitants. L’enquête révèle progressivement les facettes troubles de Léo, loin de l’image idéalisée transmise par sa mère, et interroge les silences qui ont figé les relations
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L’auteur mêle habilement les genres : le roman familial, le thriller psychologique et une forme de mélodrame subtil évitant les écueils du pathos. L’écriture, fluide et sensorielle, s’appuie sur des métaphores naturelles — les algues, les rochers, les courants — pour refléter les tensions intérieures des personnages. L’île de Batz, décrite avec une précision quasi anthropologique, devient un personnage à part entière, symbolisant à la fois l’enfermement et la possibilité de renaissance.
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La romancière excelle dans la peinture des émotions contenues, notamment à travers le personnage d’Édith, dont l’angoisse possessive est rendue avec une justesse psychologique remarquable. .